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MANEGE
Les filles de l'hiver gardent paupières closes sur les vieux carrousels et leurs cavaliers blancs qui s'en allaient en ronde autour des feux tremblants, dans la nuit du solstice où se perd toute chose. Cœur de cendre, voici, le manège dépose la poussière des jours sur les masques brûlants, la valse lente a fait danser la mort, mêlant la pointe d'une étoile à l'ombre à peine éclose. Chevaux dorés, leur bois s'écaille aux vents du nord, leurs pas sonnent le glas sur d'étranges accords comme un tambour fêlé qui bat sur l'autre rive. Les flambeaux sont éteints, passent les grands coursiers pour un dernier galop, une image furtive et vaine que le temps jette dans son brasier. Nicole Diener-Carton Décembre 2008 © tous droits de reproduction interdits retour au menu du recueil des poèmes |