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MORITURI TE SALUTANT
J'ai su longtemps la route où vont les âmes mortes en quête de mémoire et des jardins fleuris où résonnaient au loin les adieux et les cris de ces oiseaux perdus que l'hiver nous apporte. Le soir se déployait, sombre comme une eau-forte aux cimaises du temps, ciel de noir et de gris, viennent la nuit, le deuil, viennent les vents meurtris, leur souffle de froidure, ils me font belle escorte. La lune est un boulier qui décompte les jours, les doigts fins de l'enfance ont brouillé chaque tour dans un jeu fou d'éclipse et de longs crépuscules. Toute image se brise au bord de l'Achéron, l'eau sans reflets que des noyés brassent en rond, les mains jointes, yeux clos, étranges funambules. Nicole Diener-Carton Mars 2009 © tous droits de reproduction interdits retour au menu du recueil des poèmes |