NUIT

Les chevaux de la nuit traversent le silence,
leurs sabots déferrés piaffent sur des chemins
de sable noir, l'hiver se meurt en nos jardins
dans l'oublieux parcours des longues transhumances.

Chaque pas qui s'égare est grain de pénitence,
escale de mémoire où de faux pèlerins
masqués de blanc, vêtus de cendre et de chagrin,
marchent, faisant au loin des signes d'allégeance.

Ponts de bois vacillant sous la force des eaux,
passerelles du temps, plus frêles qu'un roseau,
miroirs des vents du nord, tout se brise et s'achève.

Finis les galops fous dans le bleu du matin,
l'étrange carrousel où valsaient des pantins
vagabonds du désert, courant après leurs rêves.


Nicole Diener-Carton
Septembre 2006


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