TRANSPARENCE

Voici l'heure où vont boire un à un mes oiseaux
de haute solitude, emplumés de mystère
et de rêve, effleurant des éclats de lumière
autour des lignes d'ombre où sont les mortes eaux

Tout s'endort, le courant limpide, les roseaux
sur la rive, pliés comme doigts en prière,
les bateaux blancs venus de lointaines frontières
où l'espace et le temps déroulent leurs anneaux.

La courbure, d'une aile aiguise la mémoire,
oiseaux de bel envol et de si longue histoire,
ils ont transcrit les chants du ciel et de la nuit.

Leurs cris lancent le glas pour des jours de faïence
et de cristal, et pour l'ultime transparence
où se perdaient les feux des soleils de minuit.


Nicole Diener-Carton
Mai 2005


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