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VISION
La mort est ma compagne, elle marche avec moi sur les chemins du temps, sur les éclats de lune et les morceaux d'étoile, et sur les pierres brunes qu'elle prend pour compter les jours, les ans, les mois. Sa robe est sans couleurs comme un souffle du froid, ses mains aux gants de plomb me fascinent, chacune écrivant les dessins obscurs de vieilles runes, son visage s'écaille aux griffes du noroît. Si fragile son pas sur les herbes sauvages et les étangs de brume où tremble son image que parfois je la perds dans les feux de l'hiver. Puis je la vois, cueillant des graines d'ellébore et me donnant son philtre au détour de l'aurore pour le boire à longs traits dans le matin désert. Nicole Diener-Carton Avril 2006 © tous droits de reproduction interdits retour au menu du recueil des poèmes |